Un enseignement très contextualisé

L’enrichissement du lexique est un objectif très important de l’enseignement du français : en effet, il permet aux élèves de mieux comprendre, de mieux parler, de mieux écrire, de mieux apprendre dans toutes les disciplines. Il a été montré que l’écart entre le nombre de mots connus par les élèves les plus favorisés et les plus défavorisés est très important, et le rôle de l’école est fondamental pour permettre aux élèves d’acquérir un lexique plus riche. Les élèves doivent également pouvoir établir des relations entre les mots pour les mémoriser, les catégoriser, et comprendre ainsi le fonctionnement de la langue. 

Dans une approche intégrée, le lexique est avant tout travaillé en contexte : chaque lecture est l’occasion d’expliciter un certain nombre de mots. Ces mots seront revus et réutilisés par les élèves dans leurs productions : il est donc important de garder la trace et la mémoire de ces mots, de les revoir souvent et de permettre aux élèves de les retrouver à différents moments. Pour cela, les cartes imagées inventées par Montessori, qu’on a appelé assez vite d’une manière un peu barbare les cartes de nomenclature sont très utiles. Nous en proposerons quelques-unes pour chaque lecture, mais il est tout à fait possible d’en ajouter en fonction des demandes des élèves. 

Ces cartes ont de multiples utilisations et en font un matériel indispensable au cours des années : acquisition du vocabulaire, tris et classements, entrainement à la lecture, entrainement à l’orthographe…

Bien sûr, il ne suffit pas de laisser ces cartes dans un coin de la classe. Tout comme les mots représentés, elles doivent vivre, être apportées, reprises au fur et à mesure de l’étude d’un thème, d’un livre. On peut afficher celles qui servent sur un grand support pour faire un mur de mots. Il faut ensuite les reprendre régulièrement afin que les élèves n’oublient pas leur définition. Lors des ateliers d’entrainement, dès qu’ils sont lecteurs, ils peuvent donc associer le mot et son image, et de cette façon relire et mémoriser les mots dont le sens aura été découvert ensemble. On peut imaginer aussi pour les plus rapides laisser de nouvelles cartes en libre-service afin que les élèves acquièrent un nouveau vocabulaire en autonomie.

Les enfants doivent également en avoir des traces individuelles : vous trouverez dans les séquences des fiches de vocabulaire, présentées sous forme de listes ou de diagrammes organisées, qui seront collées dans le cahier d’étude de la langue pour assurer la mémoire du travail fait.

Concrètement, comment faire ?

Le lexique visé pour la mémorisation des élèves est choisi par l’enseignant dans les textes de lecture : il peut s’agir de mots très courants dont on veut affiner la signification ou d’un lexique plus élaboré. Le lexique peut être apporté avant la lecture, pour permettre une meilleure compréhension, ou après, pour inciter les élèves à adopter une démarche de recherche de sens. Puis, ce lexique est régulièrement revu à l’oral, à partir des cartes de nomenclature par exemple, mais surtout dans les productions orales qui permettent de le réemployer souvent. La production d’écrit s’appuiera également sur ces mêmes termes. 

Le lexique est ensuite classé, catégorisé lors de séances spécifiques, car c’est ainsi que les élèves font des liens et mémorisent un lexique organisé. On en profite pour mettre à jour les notions de synonymie, antonymie ou familles de mots, et l’aide que ces notions apportent à la connaissance d’un nombre de mots toujours plus important. Enfin, certains mots seront choisis pour l’apprentissage de l’orthographe lexicale.

La progression prévoit ainsi des listes différentes suivant les séquences, ce qui permet de changer de termes chaque année, et de pouvoir travailler le lexique souvent en classe entière. Le parcours sur plusieurs années permettra ainsi d’enrichir le lexique des élèves de façon plus complète.

Ressources

Cette approche nécessite également une programmation des structurations du lexique et des thèmes étudiés en lien avec les textes proposés, que vous pouvez retrouver ici : 

Ces compétences enseignées vont donner lieu pour certaines à la mise en place de traces écrites explicites. Celles-ci gagnent à être construites avec les élèves, de manière collective. Elles peuvent être collées dans un cahier pour les CE1 qui pourront les relire. Pour vous inspirer, voici des propositions. Vous y trouverez pour chaque page les illustrations en grand format pour construire l’affiche collective avec les élèves : 

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